Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #10

Mes premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


Si c'étiat à refaireEntre suspense et passion, une histoire à couper le souffle
Andrew Stilman, grand reporter au New York Times, vient de se marier.
Le 9 juillet 2012 au matin, il court le long de l’Hudson River quand il est soudainement agressé. Une douleur fulgurante lui transperce le dos, il s’effondre dans une mare de sang.
Andrew reprend connaissance le 9 mai 2012… Deux mois plus tôt, deux mois avant son mariage.
À compter de cette minute, il a soixante jours pour découvrir son assassin, soixante jours pour déjouer le destin.
De New York à Buenos Aires, il est précipité dans un engrenage vertigineux. Une course contre la montre, entre suspense et passion, jusqu’au dénouement…à couper le souffle.

 

PREMIÈRES LIGNES 

Se fondre dans la foule, jouer ce drôle de drame sans que personne se rende compte de rien, se souvienne de quoi que ce soit.
Un jogging, tenue de circonstance pour passer inaperçu. Le long de River Park, à 7 heures du matin, tout le monde court. Dans une ville où le temps est minuté, où les nerfs de chacun sont mis à rude épreuve, on court ; on court pour entretenir son corps, effacer les excès de la veille, prévenir le stress de la journée à venir.

Un banc ; le pied posé sur l’assise, renouer son lacet en attendant que la cible se rapproche. La capuche rabattue sur le front réduit le champ de vision, mais permet de dissimuler le visage. En profiter pour reprendre son souffle, éviter que la main ne tremble. Qu’importe la sueur, elle n’attire pas l’attention, ne trahit rien, ici, tout le monde transpire.
Lorsqu’il apparaîtra, le laisser passer, attendre quelques instants avant de reprendre la course à petites foulées. Rester à bonne distance jusqu’au moment propice.
La scène fut répétée à sept reprises. Chaque matin de la semaine, à la même heure. Chaque fois, la tentation d’agir fut plus pressante. Mais le succès dépend d’une bonne préparation. Par le droit à l’erreur.
Le voilà descendant Charles Street, fidèle à sa routine. Il attend que le feu passe au rouge pour traverser les quatre premières voies du West Side Highway. Les automobiles filent vers le nord de la ville, les gens se dirigent vers leur lieu de travail.
Il a atteint le terre-plein. Le petit personnage lumineux sur le poteau du feu de circulation clignote déjà. Vers TriBeCa et le Financial District, les voitures avancent pare-chocs contre pare-chocs, il s’engage quand même. Comme toujours, il répond aux klaxons en levant le poing, majeur dressé vers le ciel, bifurque à gauche et emprunte l’allée piétonnière qui longe la rivière Hudson.
Il parcourra ses vingt blocs, au milieu des autres joggeurs, prendra plaisir à laisser derrière lui ceux qui n’ont pas sa forme, et maudira ceux qui le distancent. Ils n’ont aucun mérite, ils ont dix ou vingt ans de moins. Quand il avait dix-huit ans, cette partie de la ville était infréquentable, mais il faisait partie des premiers à venir y perdre son souffle. Les docks qui avançaient jadis sur des pilotis, dont il ne reste que peu de chose, empestaient la poiscaille et la rouille. Odeurs de sang. Comme sa ville a changé en vingt ans, elle a rajeuni, s’est embellie ; lui, les années ont commencé à marquer son visage. »

2 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #10

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