Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #15

Mes premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


Le tartuffeEn laissant Tartuffe entrer dans sa maison, Orgon ne pouvait pas imaginer qu’il allait mettre en péril sa fortune, son honneur, son bonheur et l’unité de sa famille. Et pourtant, c’est bien à quoi travaille « l’imposteur », mais toujours à l’insu du maître de maison : si Tartuffe courtise la femme d’Orgon, c’est sous prétexte de l’entretenir de religion ; s’il spolie ses enfants, c’est sous couvert de les remettre dans le droit chemin ; s’il s’approprie les cordons de la bourse, c’est pour mieux organiser la dévotion familiale. Comment, dans ces conditions, Orgon aurait-il pu s’apercevoir de son aveuglement et donner au faux dévot la correction qu’il mérite ?
Avec Tartuffe, Molière livre une satire grinçante de toutes les hypocrisies, satire qui fait mouche et qui, 300 ans plus tard, reste toujours de mise : en témoignent les mises en scène modernes, qui se succèdent, collant à l’actualité, et le nom de Tartuffe qui est définitivement passé dans la langue comme synonyme d’hypocrite.

PREMIÈRES LIGNES 

« MADAME PERNELLE
Allons, Flipote, allons, que d’eux je me délivre.

ELMIRE
Vous marchez d’un tel pas qu’on a peine à vous suivre.

MADAME PERNELLE
Laissez, ma bru, laissez, ne venez pas plus loin :
Ce sont toutes façons dont je n’ai pas besoins.

ELMIRE
De ce que l’on vous doit envers vous on s’acquitte.
Mais, ma mère, d’où vient que vous sortez si vite ?

MADAME PERNELLE
C’est que je ne puis voir tout ce ménage-ci,
Et que de me complaire on ne prend nul souci.
Oui, je sors de chez vous fort mal édifiée :
Dans toutes mes leçons j’y suis contrariée,
On n’y respecte rien, chacun y parle haut,
Et c’est tout justement, la cours du roi Pétaut.

DORINE
Si…

MADAME PERNELLE
Vous êtes, mamie, une fille suivante
Un peu trop forte en gueule, et fort empertinente :
Vous vous mêlez sur tout de dire votre avis.

DAMIS
Mais…

MADAME PERNELLE
Vous êtes un sot en trois lettre, mon fils ;
C’est moi qui vous le dis, qui suis votre grand-mère,
Et j’ai prédit cent fois à mon fils, votre père,
Que vous preniez tout l’air d’un méchant garnement,
Et ne lui donneriez jamais que du tourment.

MARIANE
Je crois…

MADAME PERNELLE
Mon dieu, sa soeur, vous faites la discrette,
Et vous n’y touchez pas, tant vous semblez doucette ;
Mais il n’est, comme on dit, pire eau que l’eau qui dort,
Et vous menez sous chape un train que je hais fort.

ELMIRE
Mais, ma mère…

MADAME PERNELLE
Ma bru, qu’il ne vous en déplaise,
Vous conduite en tout est tout à fait mauvaise ;
Vous devriez leur mettre un bon exemple aux yeux,
Et leur défunte mère en usait beaucoup mieux.
Vous êtes dépensières ; et cet état me blesse,
Que vous alliez vêtues ainsi qu’une princesse.
Quiconque à son mari veut plaire seulement,
Ma bru, n’a besoin de tant d’ajustement.

CLEANTE
Mais, Madame, après tout…

MADAME PERNELLE
Pour vous, Monsieur son frère,
Je vous estime fort, vous aime, et vous révère ;
Mais enfin, si j’étais de mon fils, son époux,
Je vous prierais bien fort de n’entrer point chez nous.
Sans cesse vous prêchez des maximes de vivre
Qui par d’honnêtes gens ne se doivent point suivre.
Je vous parle un peu franc ; Mais c’est là mon humeur,
Et je ne mâche point ce que j’ai sur le coeur. »

2 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #15

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