Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #29

Premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


cité 19 1

Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifer le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.

 

PREMIÈRES LIGNES 

« L’homme enjamba la barrière du square et marcha vers la tour.
C’était là qu’on lui avait donné rendez-vous.
Il était près de minuit. Ce mois de mai n’avait rien de printanier. Quiconque se serait trouvé au côté de cet homme aurait frissonné avec lui.
Pas seulement parce que l’air était frais, mais parce qu’à cette heure, un homme qui enjambe la barrière d’un square et marche vers une tour crépusculaire pourrait bien marcher vers sa mort.
Il secoua cette pensée et leva les yeux vers l’édifice.
La tour Saint-Jacques, clocher gothique planté au coeur de la capitale, est un de ces vestiges de l’ancien Paris qui semblent sortis de nulle part.
Comme si le temps, par endroits, s’était arrêté.
Que venait-il faire ici à une heure pareille ? Lui-même n’en était pas bien sûr. Il crut percevoir un bruissement de feuilles. Le square était-il habité . Il se rassura en imaginant un clochard allongé sur un banc près du bac à sable.
Il regarda autour de lui et ne vit personne.
Ses yeux furent à nouveau attirés par la tour. Elle s’élevait à soixante mètres du sol. Au sommet, les gargouilles étiraient leurs cous démesurés au-dessus du vide.
Les faisceaux des projecteurs placés au pied de la tour accentuaient les reliefs, épaississaient les ombres.
Les pensées de l’homme glissèrent du Moyen-Age, quand les cloches résonnaient encore dans la tour, à la Révolution, durant laquelle on avait mis le feu à l’église, pour aboutir à aujourd’hui, où il ne restait plus qu’un ornement dans le ciel noir.
Le rendez-vous qu’on lui avait fixé devait être un canular. l’homme tourna les talons pour repartir.
C’est alors qu’ils sortirent des taillis.
Trois silhouettes convergeaient vers lui depuis trois points différents du square. Il se sentit cerné.
Il hocha la tête et dit :
– Vous êtes les Illuministes ?
Les autres s’approchaient.
Il poussa un rire, plus nerveux qu’il ne l’aurait voulu, avant d’ajouter :
– Les Illuminés, plutôt ! ça vous arrive souvent de fixer un rendez-vous à une heure pareille ?
– L’heure est une chose toute relative…
La voix le fit tressaillir : elle venait de derrière. Pareils à des chiens à l’affût, les autres semblaient flairer sa peur. Il reprit contenance et se tourna vers la voix.
A quelques pas de lui, entre deux faisceaux de lumière, se tenait un grand type maigre dont on ne pouvait distinguer les traits.
L’homme s’avança pour mieux voir. Il entra dans l’axe d’un projecteur et cligna des yeux comme si on venait de le gifler. En se penchant hors du faisceau, il demande :
– Où commence le parcours ? »

4 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #29

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