Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #36

Premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


Les fantômes du passé T1 AmnésieJe me suis échouée sur le rivage d’une petite ville en bordure de lac. Un endroit où tout le monde se connaît, et pourtant… Personne ne me connaît, moi. Je ne me connais pas moi-même. Lorsqu’une femme ignore son propre prénom, existe-t-elle vraiment ? J’ignore ma couleur de cheveux d’origine, ma date de naissance, mon lieu de résidence. Je suis invisible. À mes yeux et à ceux de tout le monde. Tout le monde, sauf lui. Je lis au plus profond de son regard et à la manière dont il scrute mon visage comme si je constituais une énigme qu’il était déterminé à résoudre, qu’il me reconnaît. Je veux simplement des réponses, la vérité… savoir. Ses lèvres demeurent scellées. Toutefois, son regard m’ensorcèle. Je ne peux avoir confiance en personne, pas même en moi-même. Quelqu’un veut ma mort, la même personne qui a tenté de me noyer dans les profondeurs sous-marines. Elle va revenir me traquer… Et je ne saurai pas à quoi ressemble mon ennemi. Je ne sais même pas à quoi je ressemble. Je suis Amnésie.

PREMIÈRES LIGNES

« L’eau m’appelait. Telle une sirène par une nuit brumeuse, attirant par sa voix mélodieuse les marins esseulés à s’approcher. Leur offrant la promesse d’une compagnie, avant de les faire finalement sombrer dans les profondeurs abyssales jusqu’à ce que la vie les quitte et que l’onyx, tourbillon d’eaux caverneuses, tâche de les engloutir pour de bon.
Le lac se muait en un lieu sinistre, à la nuit tombée. Le faible clapotis de l’eau s’écrasant contre les galets, l’odeur d’humidité ambiante, et la manière dont le ciel paraissait se rapprocher bien plus de l’homme, du moins c’était l’impression que donnait le brouillard épais, flottant bas et écrémant la surface de l’eau qui oscillait constamment. Ces phénomènes ne détenaient pas nécessairement une connotation lugubre pour d’autres, mais ils réveillaient une noirceur enfouie en moi. Un état d’esprit tapi en permanence sous la surface, sous le sourire facile que j’adressais aux gens dans la rue et à mes proches.
Bien que  cet état d’esprit soit déplaisant, je ne pouvais le tenir éloigné. C’était une étrange sorte d’addiction, parfois un désir compulsif intense. On dit que les personnes dépendantes le sont car elles en tirent quelque chose. Quel que soit l’objet de leur addiction, il répond à un besoin, comble un certain vide dans leur vie.
C’est vrai. En tout cas, ça l’est pour moi. »

3 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #36

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