Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #37

Premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


Une douce odeur de pluie1953.
Le soir du couronnement de la reine Elizabeth II, la communauté britannique de Hong Kong se réunit. Pendant que tout le monde s’efforce de suivre la cérémonie sur une radio défectueuse, la jeune Joy tombe follement amoureuse. En 1980, sa fille Kate se rebelle et fuit l’Irlande avec Sabine, son enfant illégitime. Quinze ans plus tard, Kate envoie Sabine en vacances en Irlande chez ses grands-parents, Edward et Joy, qu’elle connaît à peine.
Lorsque Sabine, sa mère et sa grand-mère se retrouvent, un secret de famille profondément enfoui resurgit…

 

PREMIÈRES LIGNES

« Prologue

L’Archevêque baisera alors la main droite de la Reine. Après quoi, le duc d’Édimbourg descendra les marches du Trône. Ayant ôté sa couronne, il s’agenouillera devant Sa Majesté, et plaçant les mains entre celles de la Reine, il prononcera les paroles d’hommage qui suivent  :

« Moi Philippe, duc d’Édimbourg
Je deviens votre homme lige à la vie à la mort,
Et votre fidèle adorateur temporel;
Dans la foi et la vérité, je m’engage envers vous
A vivre et à mourir en vous préservant de tous les peuples adverses.
Que Dieu me vienne en aide. »

Et, se levant, il effleurera la couronne sur la tête de Sa Majesté et embrassera Sa joue gauche.
De la même manière, le duc de Gloucester et le duc de Kent lui rendront hommage séparément.

C’était sans doute assez imprudent, songea Joy après coup, de faire la connaissance de son futur époux le jour dont la princesse Elizabeth était censée avoir l’apanage. Ou plutôt la reine Elizabeth II, telle qu’elle serait plus pompeusement connue dès la fin de cette mémorable journée. Quoi qu’il en soit, étant donnée l’importance de l’événement, pour l’une comme pour l’autre, Joy avait eu bien de la peine à se mettre dans l’état d’excitation approprié.
La pluie s’annonçait plus sûrement qu’une nomination divine. Le ciel de Hong Kong était embrumé, d’un gris d’acier. Tandis qu’elle contournait le Peak à pas lents, serrant contre elle une chemise remplie de partitions de chant humides, les aisselles glissantes comme si elles étaient enduites de graisse, sa blouse lui collant déjà au dos, Joy avait éprouvé tout autre chose que de la ferveur monarchique en pensant à la réception donnée par les Brougham Scott en l’honneur du couronnement.
Pour commencer, il y avait sa mère, déjà en émoi à la maison, telle une corde tendue par l’impatience et l’insatisfaction dues principalement à la présence de son père, de retour d’un de ses voyages en Chine. Ses visites semblaient coïncider systématiquement avec une brisque dégradation de ses humeurs, ravalant ses rêves d’une vie meilleure, ailleurs, à une réliaté plus sombre et plus étriquée. »

2 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #37

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