Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #38

Premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


Pourquoi pas nous« Want to give me a second chance here, universe? » Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent, jusqu’à ce qu’Arthur découvre que Ben, toujours ami avec Hudson, préfère se confier à son ex-petit copain. Arthur est dévasté. Il est persuadé que son amour est à sens unique. Il leur faudra le soutien de leurs amis pour dépasser les malentendus afin de mieux se retrouver.

PREMIÈRES LIGNES

« Lundi 9 juillet

Je ne suis pas de New York, et j’ai le mal du pays.
Il y a tellement de règles tacites ici. Il ne faut jamais s’arrêter en pleine rue ni se perdre dans la contemplation des buildings ou des graffitis. Non aux cartes pliantes XXL, aux sacs banane, aux échanges de regards. Interdiction de fredonner des mélodies de Dear Evan Hansen en public. Et ne vous avisez surtout pas de prendre des selfies au coin de la rue, même avec un stand de hot dogs et une file de taxis jaunes à l’arrière-plan, ce qui colle parfaitement à votre fantasme ultime de la Grosse Pomme. Vous avez le droit d’apprécier discrètement le tableau, mais il faut la jouer cool. Pour ce que j’en sais, d’ailleurs, c’est ça, le but, à New York : être cool.
Je ne suis pas cool.
Prenez ce matin. J’ai commis l’erreur de jeter un coup d’oeil en l’air, rien qu’un instant, et j’ai scotché. Vu sous cet angle, on croirait que le monde se casse la binette, tout en gratte-ciel étourdissants avec une boule de feu incandescente au milieu. Magnifique, je dois bien le reconnaître. Splendide, surnaturel, et surtout à des années-lumière de la Géorgie. J’incline mon téléphone pour prendre une photo. Pas de story Instagram, pas de filtre. Pas le moindre gribouillis.
Rien qu’une toute petite photo, en douce.
Aussitôt, tempête sur le trottoir : Bon sang. Non mais je rêve. BOUGE. Foutus touristes. Sérieux, je prends deux secondes pour faire une photo, et me voilà étiqueté barrage humain. Responsable de tous les retards de métros, de toutes les fermetures de routes, l’incarnation même de l’inertie.
Foutus touristes.
Je n’en suis même pas un. Je vis plus ou moins ici, le temps d’un été, du moins. Je ne suis pas là pour courir les monuments un lundi matin. Je suis en train de bosser. Enfin, je suis en route pour Starbucks, mais ça compte.
Et d’accord, peut-être que j’ai pris le chemin le plus long. Peut-être que j’avais besoin de ces quelques minutes supplémentaires loin du bureau de maman. D’ordinaire, les stages, c’est plus barbant qu’autre chose, mais cette journée se révèle particulièrement merdique. Du genre où il n’y a plus de papier dans l’imprimante ni en réserve, du coup vous essayez d’en chiper dans la photocopieuse, sauf que vous n’arrivez pas à ouvrir le tiroir, et là vous vous trompez de bouton et la machine se met à biper, vous voyez le tableau ? Et vous êtes coincé, à vous dire que le crétin qui a inventé les photocopieuses est à deux doigts de se faire botter le cul. »

2 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #38

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