Premières lignes

PREMIÈRES LIGNES #48

premières lignes

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


nos vies en l'air

 

Mina et Océan.
Ces deux-là se rencontrent par hasard ce soir sur le toit-terrasse d’un immeuble. Ils ont choisi le même spot pour en finir. Ils décident de s’accorder la nuit pour faire, ensemble… tout ce qui leur passe par la tête, en se disant toujours la vérité. Où cela va-t-il les entraîner ?

 

 

 

PREMIÈRES LIGNES

« 1.
Elle

– Tu vas sauter ?
Je tourne la tête, manque de perdre l’équilibre, m’accroupis.
Vertige.
mes mains agrippent le rebord humide du toit. Je sens mon coeur cogner fort, si fort, comme s’il voulait se libérer de ma poitrine pour s’évanouir dans la nuit.
Tandis que l’adrénaline reflue dans mes veines, je me laisse à nouveau happer par le ballet de la ville en contrebas. Bruine qui danse dans la lumière des lampadaires, pinceaux des phares sur la chaussée détrempée, néons des enseignes, métro qui fuse sur le pont au-dessus du carrefour, silhouettes et parapluies pressés. Une heure que je les observe. Funambule sur un fil de zinc, anticipant la chute. Ou l’impact. Parce que la chute, l’horreur de ne plus rien contrôler, le plaisir terrifiant de l’apesanteur, l’impuissance de me sentir aspirée malgré moi par une force qui me dépasse, je connais.
– Tu vas sauter ?
J’effleure l’intrus d’un regard impatient. Il ne doit pas être beaucoup plus âgé que moi, malgré sa chemise blanche et cette veste de costard qui lui donnent l’air de s’être déguisé en adulte.
– Va-t’en, je souffle.
S’il disparaît, tout rentrera dans l’ordre, je poursuivrai la soirée comme je l’avais prévue.
Il m’observe sans répondre. Comment peut-il être si calme ? Il voit bien que je m’apprête à sauter. M’a-t-il aperçue de la rue ? Est-il monté dans l’espoir de me faire changer d’avis ? De me sauver ? Il n’y arrivera pas.
Le garçon descend vers le rebord du toit où je me tiens.
– T’approche pas !
– Je n’approche pas.
C’est vrai, il garde ses distances. Il s’arrête à quelques mètres de moi, le bout de ses chaussures flirtant avec l’à-pic. Baisse les yeux vers l’avenue. Notre position précaire ne semble pas l’inquiéter.
– Tu vise où ? demande-t-il.
Non mais c’est quoi ce mec ? Il est taré ! Il voit une fille sur le point de se foutre en l’air, et tout ce qu’il trouve à demander, c’est quel endroit elle vise? Une bouffée de nervosité me saisit. J’ai toujours détesté l’imprévu, et ce soir plus encore. »

4 commentaires sur “PREMIÈRES LIGNES #48

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