Premières lignes

Premières lignes #92 : Les Brumes de Cendrelune

Les Brumes de Cendrelune - PL.png

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


PROLOGUE

Comme chaque dimanche soir, lorsque nous entendions le détachement des soldats impériaux quitter la Cathédrale d’Éternité, à quelques centaines de mètres de là, nous nous figeâmes tous autour de mon père, quand je me rendis compte que les pas ne s’éloignaient guère – contrairement à la plupart du temps -, mais se dirigeaient vers la Cité d’Acier, capitale de Cendrelune.
Vers notre cité…
Altaïr, mon petit frère de onze ans – aux cheveux blond pâle et dont les traits poupins commençaient à légèrement s’émacier -, laissa échapper sa fourchette dans son écuelle. Le choc du couvert contre le métal résonna brutalement dans le silence de notre modeste appartement, achevant de serrer nos gorges.
– Nous avons offensé les divinités, balbutia-t-il. Ils viennent pour notre famille, cette fois, j’en suis sûr…
– Ne laisse pas la peur te faire dire n’importe quoi, protesta Père en saisissant la main d’Altaïr pour la lui presser affectueusement – non sans une certaine fébrilité cependant. Nous n’avons commis aucun péché. Le doute est le propre de l’être humain, la base de chaque réflexion. La colère n’a pas pris nos coeurs. Pourquoi voudrais-tu que nous soyons punis ?
– Je… j’ai ressenti de la colère, enfin, il me semble… bégaya Altaïr, une larme s’écoulant le long de sa pommette. Quand tu as insinué que les dieux ne sont peut-être pas exactement tels que nous le croyons…
Je battis des paupières, interdite, et tâchai de me remémorer avec précision le moindre mot issu de cette conversation plutôt inhabituelle que nous avions eue quelques jours auparavant. Mère ferma les yeux, craignant probablement que leur brillance ne trahisse, l’angoisse en passe de la gagner.
Le vrombissement sourd des pas des soldats se faisait plus distinct, leur armure tintant désagréablement sur les passerelles de fer qui menaient au coeur de la cité à mesure qu’ils approchaient.
J’inspirai profondément et refusai de céder à la panique. Je n’avais peut-être que treize ans, mais je voulais être aussi forte que notre père. Moi aussi, je voulais penser qu’une simple discussion évoquant l’origine de la nature divine de nos gouvernants ne pouvait réellement porter à conséquence.
Si Orion, l’Empereur-Dieu, était un être omniscient, capable de capter les émotions de chaque individu constituant son peuple, il avait pour principe de ne châtier que la rage et la rancoeur, prémices de tout crime comme de toute dissidence. Ainsi, il permettait à ses sujets de vivre sereinement, et non dans l’appréhension permanente d’une de ces sanglantes insurrection ayant jadis – en des temps très reculés – nui à l’avènement de l’Empire.
Ainsi, la paix était préservée.

pingouin pomme 1

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