Premières lignes

Premières lignes #95 : L’hôtel de la dernière chance

L'hôtel de la dernière chance - PL.png

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


1.L’hôtel de la Dernière Chance

Dans la cuisine de l’hôtel de la Dernière Chance, on n’entendait généralement aucun bruit plus fort que le murmure d’un oeuf solitaire en train de durcir. Mais aujourd’hui résonnaient les cris d’Henri Moisi, le chef à moitié chauve. Plié en deux par l’âge, il clopinait à travers la pièce en aboyant ses instructions.
– Seth ! Il faut sortir les tartelettes du four ! Tout de suite !
Le marmiton pivota sur ses jambes grêles et se précipita de l’autre côté de la salle. Une odeur de beurre aillé et de viande rôtie planait dans l’air embrumé par un nuage de farine, d’herbes et d’épices. De la vapeur bouillonnait, des gelées figeaient, le contenu des casseroles mijotait.
Si Seth Seppi avait jamais souhaité posséder le plus petit soupçon de magie, c’était bien maintenant. Parce qu’un sort pour se diviser en trois aurait sûrement été le seul moyen de lui permettre d’accomplir toutes les tâches fixées par ses affreux supérieurs : l’acariâtre Henri et les deux propriétaires de l’hôtel de la Dernière Chance, la méprisante Nora Miche et son radin d’époux Horace. Il lui semblait que l’établissement se préparait depuis des lustres à recevoir les invités de marque dont M. Miche ne cessait de leur rebattre les oreilles, et qui devaient enfin arriver aujourd’hui.
– Il me faut plus de poivre ! Vite gamin ! glapit Nora Miche depuis le fourneau.
Attachés en arrière, les longs cheveux gris cassants de l’hôtelière découvraient le visage pointu qu’elle inclinait vers sa casserole en s’efforçant de ne pas éternuer. Pour ponctuer son ordre, elle projeta vers Seth une cuillère dégoulinante qui vola en laissant une traînée de sauce derrière elle.
Au moins. Tiffany, la fille monstrueusement désagréable des Miche, se trouvait à l’école de cuisine chic où elle était pensionnaire, ce qui l’empêchait de se livrer à son passe temps favori : tourmenter Seth.

pingouin pomme 1

2 commentaires sur “Premières lignes #95 : L’hôtel de la dernière chance

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