Premières lignes

Premières lignes #100 : Eternità

Eternità - PL

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches, je vais vous citez les premières lignes d’un ouvrage.


1
Alexis

C’est le jour. Celui de trop.
J’étouffe, mais la chaleur écrasante de cet été sous le soleil d’Arabie saoudite n’y est pour rien. Je me suis accoutumé au climat désertique et à ses températures élevées.
Non, C’est à elle que je ne me suis pas habitué. À ses courbes voluptueuses. À sa manière de cambrer et décroiser ses longues jambes sur la banquette arrière de la berline. À ses robes fluides et courtes qui contrastent avec les tenues traditionnelles noires des Saoudiennes. En France, elle est tout ce que je fuis, j’aurais résisté sans problème, mais ici… on ne voit qu’elle. Ses bras fins et dorés. Le tintement de ses bracelets. Son front haut. Ses yeux clairs.
– Alexis ?
Elle miaule mon prénom. Devient féline.
– Pourriez-vous m’apporter mon verre de citronnade ?
Je ne suis pas sa bonniche, ce n’est pas mon rôle, mais j’attrape tout de même la boisson, les mains moites. Elle me jette un regard brûlant depuis le canapé tout en jouant avec ses longues mèches blondes.
Son mari est à Riyad pour la journée, dans un des nombreux gratte-ciel de la métropole, pour parler pétrole et argent. Elle sait qu’il rentrera tard. Très tard. Et que nous sommes seuls. Les employés se fichent de la manière dont la maîtresse de maison occupe ses journées, et les jumelles jouent à la poupée à l’étage, sous le regard attentif de leur nourrice.
Je n’ai pas dormi de la nuit, la fièvre me ronge les entrailles depuis la soirée de la veille. André Courbon recevait des dizaines d’expatriés français pour fêter le 14 juillet et sa jeune épouse était plus belle que jamais; Elle a tenu son rôle d’hôtesse à la perfection, tout en me donnant l’impression que j’étais le seul homme présent. Moi, le gars de la sécurité. Nos regards se croisaient sans cesse. Ses doigts frôlaient les miens à la moindre occasion. Et lorsqu’elle a annoncé aux invités qu’elle se retirait pour coucher ses filles, j’ai bien lu l’invitation dans ses pupilles. Mais je n’ai pas bougé de la pièce principale. J’ai résisté. Comme je le fais depuis six mois. Et j’ai décidé de demander à l’Agence mon affectation dans une autre région.
Mais j’aurais dû me barre à l’aube. Car c’est le jour de trop.
Elle a traîné toute la journée dans son maillot de bain une pièce. Noir. Attaché d’une simple ficelle. Outrageusement sexy. Elle s’est amusée à me frôler, à me caresser du regard, et mon corps est tendu vers elle depuis des heures. AU point de me faire mal.
À présent, elle porte une longue robe de nuit en soie sombre. Elle me toise, alanguie au milieu des coussins moelleux. Sa main se referme sur la mienne lorsque je lui tends le verre. Ses cils papillonnent.
– Merci, Alexis.
Ce que je m’apprête à faire est une connerie, mais il est déjà trop tard.

pingouin pomme 1

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